#cambodge : Dernier Congrès du PPC et sa Signification Politique

Editorial de Cambodge Info

Dernier Congrès du Parti PPC et sa signification politique

Repère 1: Chea Sim, Président du Parti est très malade Il a été récemment hospitalisé au Vietnam pendant plusieurs jours.

Repère 2: Heng Samrin, Président Honoraire du Parti, a ouvert le Congrès extraordinaire du Parti (du 30 Janvier au 1er Février 2015) en reconnaissant la défaite électorale de 2013 et en accentuant sur la nécessité de faire des réformes dont leur importance est qualifiée ‘de Vie et de Mort pour le Parti et pour la Nation’. Il a par ailleurs précisé que le Parti doit étudier en profondeur les causes de cette ‘situation’, en demandant au Parti d’évaluer attentivement les points faibles et les points forts pour ainsi en tirer des leçons pour le Parti et pour pousser vers des réformes effectives à temps.

Repère 3: Sar Kheng, Numéro 4 du Parti, du clan de Chea Sim, a été absent pendant tout le congrès.

Repère 4: Hun Sen, Vice-Président du Parti, à l’ouverture de Congrès, a fait allusion à l’état de santé de Chea Sim et à la présidence du Parti PPC: ‘Tant que Chea Sim reste en Vie, il reste Président du Parti’. Il était hors de question pour Hun Sen de devenir Président du PPC par un ‘Coup du Parti’ (c’est la tradition du Parti …).

Repère 5: Dans un rapport de 26 pages soumis au Congrès, le PPC a reconnu la débâcle électorale de 2013 et les ‘maux’ qui existent au sein du Parti : La Corruption, le Népotisme, les Abus de pouvoir, les écarts grandissants entre les officiels de Haut et Bas rang, entre les officiels du gouvernement et le peuple, entre les riches et les pauvres, le manque de confiance dans le Système Judiciaire (absence de son égalité, de son universalité dans l’implémentation et l’application des lois), les services publics inexistants, les conflits fonciers endémiques, la destruction de la forêt et des ressources naturelles, les problèmes des frontières et de l’immigration illégale.

Repère 6: Le Congrès a procédé à la nomination massive de 306 nouveaux Membres, portant le total des membres du Comité Central du Parti à 545.

Repère 7: Le Communiqué final en 9 points n’a pas révélé les décisions politiques d’une importance notoire, par contraste avec le fait que le Congrès a été convoqué d’Urgence et la gravité de la situation de crise du Parti.

Observation 1: Des frictions internes au PPC existent bel et bien. Le rapport de 26 pages, reconnaissant la débâcle électorale et des ‘maux‘ au sein du Parti imputables directement à la Politique de Hun Sen, n’a pas pu être écrit et soumis au Congrès sans l’aval des chefs du camp des ‘Réformateurs’.

Observation 2: Le PPC, à l’issue de ce Congrès, se prépare pour les prochaines échéances électorales de 2018. La négociation sur les réformes électorales avec le Parti d’Opposition est en cours. Dans ce bras de fer avec le CNRP, le PPC cherche à aboutir vers des réformes électorales à minima. Conscient de l’enjeu électoral majeur des élections de 2018, le clan des ‘Réformateurs’ a poussé pour que le PPC s’engage dans de ‘vraies’ réformes. Mais ils se heurtent à des fins de non recevoir de Hun Sen et surtout des milieux des Affaires avec qui Hun Sen et les membres du PPC s’enrichissent. De notre point de vue, les maux reconnus par le PPC sont ceux créés par les Gouvernements successifs de Hun Sen pendant plus de 30 ans. Ces maux ne peuvent disparaître qu’en même temps que Hun Sen.

Observation 3: Les réformes annoncées par Hun Sen en 2013, lors de son long discours de Politique Générale à l’Assemblée Nationale, ne seront pas au Rendez-vous. Les conflits d’intérêts sont trop importants pour que les réformes puissent avoir lieu. A l’issue de ce Congrès, le PPC n’a pas pu trouver un ‘compromis’ acceptable allant dans la direction de ‘vraies réformes’ souhaitées par le camps des Réformateurs. Pour Hun Sen, ce serait l’acceptation de l’échec de sa Politique, et à fortiori ce serait le Suicide Politique du PPC. Vu de l’extérieur, nous observons un aveu d’impuissance et d’incapacité exprimé par le PPC, face aux problèmes de conflits internes qu’il n’a pas réussi à trancher pendant le Congrès. En clair, ce Congrès n’a pas apporté de remèdes aux ‘maux’ qui existent au sein du PPC, tant souhaité par Heng Samrin dans son discours à l’ouverture du Congrès. Le PPC en est ainsi sorti ‘affaibli’. Cette situation ne peut qu’ accentuer encore davantage les clivages internes au Parti. La disparition prochaine de Chea Sim risquerait de provoquert un schisme politique au sein du PPC.

Observation 4: Hun Sen, au contraire, à l’issue de ce Congrès, au lieu d’aller dans le sens de la Réforme, a répondu par le renforcement de son clan avec la nomination de nouveaux membres, parmi ses fidèles, au Comité Central du Parti, dont ses 3 fils et 80 ‘Commandants’ de l’Armée, de la Gendarmerie et de la Police (Communiqué de Human Rights Watch). Face à la défaite électorale programmée en 2018, Hun Sen n’a pas voulu adopter d’autres solutions que de renforcer son Appareil de Répression. 

Observation 5: Sans Réformes en perspective, conscient de son ‘Impopularité’ et de sa ‘défaite probable’ lors des élections de 2018, le PPC ne peut que se préparer pour sa disparition politique.