Tribune

POUR UNE INITIATIVE CONJOINTE DE LA #FRANCE ET DE L’ #INDONÉSIE EN FAVEUR DU #CAMBODGE

POUR UNE INITIATIVE CONJOINTE DE LA FRANCE ET DE L’INDONÉSIE EN FAVEUR DU CAMBODGE

03 Mar 2017

LE #CAMBODGE DANS UNE DÉRIVE TOTALITAIRE DE PLUS EN PLUS DANGEREUSE

Cambodia’s drift towards dictatorship

Former opposition leader Sam Rainsy, pictured at his home in Paris last month. Facebook

LE CAMBODGE DANS UNE DÉRIVE TOTALITAIRE DE PLUS EN PLUS DANGEREUSE

 

Le Cambodge est en train de dériver dangereusement vers un régime totalitaire. Des élections locales et nationales sont prévues en juin 2017 et juillet 2018, qui pourraient mettre fin à des pouvoirs autoritaires et corrompus en place depuis des décennies. Mais la crainte, précisément, d’un changement démocratique provoque de la part de ces pouvoirs une répression de plus en plus aveugle et violente qui s’abat sur toutes les sphères de la société et risque de faire dérailler le processus électoral, ouvrant ainsi la voie à une explosion de la colère populaire.

Le Parti du Peuple Cambodgien (PPC) du Premier Ministre Hun Sen, au pouvoir depuis 38 ans, présente des signes évidents d’usure. Il doit faire face à une population de plus en plus jeune, de mieux en mieux informée et de plus en plus critique et exigeante, comme il est confronté à une opposition de plus en plus puissante. Celle-ci, représentée par le Parti du Sauvetage National (PSN), aurait pu l’emporter aux dernières élections législatives de 2013 si le PPC n’avait pas bénéficié de manipulations dénoncées par de nombreux observateurs indépendants.

Trois facteurs alimentent les craintes du PPC concernant les prochaines échéances électorales de 2017 et 2018: le mécontentement populaire grandissant devant la corruption gouvernementale se traduisant notamment par des confiscations massives de terres appartenant aux paysans; la dynamique d’une opposition démocratique unie pour la première fois dans l’histoire contemporaine du Cambodge; la mise en place et le fonctionnement effectif d’une nouvelle commission électorale nationale plus indépendante et plus crédible, qui constitue la conquête la plus importante de l’opposition dans le sillage de sa montée en puissance.

Ces trois facteurs ont conduit le PPC à changer de stratégie pour se maintenir au pouvoir: d’une stratégie traditionnelle basée sur l’intimidation des électeurs, les achats de votes et les manipulations électorales, il adopte maintenant une nouvelle tactique visant tout simplement à supprimer le PSN en tant que seul parti d’opposition représenté à l’Assemblée Nationale pour l’empêcher de défier le parti au pouvoir aux prochaines élections. Cette tentative de suppression de l’opposition se fait par voie législative – le PPC dispose d’une courte majorité à l’Assemblée où il vient de faire adopter des changements à une ancienne loi sur les partis politiques qui a été spécialement amendée pour permettre au gouvernement de dissoudre le PSN à tout moment, sous des prétextes aussi vagues que “menace à la sécurité publique” ou “incitation pouvant conduire à la destruction de l’unité nationale” – ou par voie judiciaire grâce à des tribunaux aux ordres du gouvernement, qui viennent de condamner plusieurs dirigeants du PSN à des peines de prison “légalement” incompatibles avec le statut de dirigeant d’un parti politique et avec l’exercice de fonctions publiques à l’avenir.

Parce que j’ai été condamné à de telles peines pour “diffamation” envers des dirigeants du PPC, j’ai dû démissionner le mois dernier de la présidence du PSN pour éviter la dissolution de mon parti en vertu de la loi nouvellement amendée. 

Le Premier Ministre Hun Sen et son PPC sont actuellement en train de tester les réactions de l’opinion internationale pour savoir à quelle vitesse et jusqu’où ils peuvent encore aller dans leur tentative de ramener le Cambodge à un système de parti unique, comme sous les Khmers Rouges et comme au temps de la guerre froide. Cette tentative et cette dérive totalitaires, contraires aux Accords de Paris de 1991, ont déjà été condamnées par les organisations internationales de défense des droits de l’homme comme Amnesty International et Human Rights Watch. Il reste aux gouvernements de tous les pays démocratiques du monde à prévenir le gouvernement de Monsieur Hun Sen – qui est toujours en quête et avide de légitimité et d’assistance internationales – qu’il y a une limite à ne pas franchir: celle qui provoquerait au Cambodge la mort effective d’un “système de démocratie libérale et pluraliste” édicté par les Accords de Paris et annoncerait de nouveaux malheurs pour le peuple cambodgien.

 

Sam Rainsy

Ancien Président du PSN

 

03 Mar 2017

#cambodge : La Constitution, le Roi et ses prérogatives

Le Roi du Cambodge dispose de prérogatives

qu’il peut exercer comme cela a été prévu par la Constitution.

 

Cambodia’s King Norodom Sihamoni sits on his throne beside his crown and sword during his coronation ceremony at the Royal Palace in Phnom Penh on October 29, 2004

Article 8

  • Le Roi est le symbole de l’unité et de la continuité nationales.

  • Le Roi est le garant du respect des droits et libertés des citoyens et

  • du respect des traités internationaux, 

  • en l’occurrence des Accords de Paix de Paris

 

Télécharger une analyse de Mr. TITH Huon. Docteur en Droit (A lire absolument)

 

កម្ពុជា ៖ តើរដ្ឋធម្មនុញ្ញ បានបញ្ញត្តិយ៉ាងណាខ្លះ

អំពី ព្រះមហាក្សត្រ និង អំណាច របស់ព្រះអង្គ?

QUE DIT LA CONSTITUTION A PROPOS DU ROI ET DE SES POUVOIRS ?

 

#cambodge : Loi de HUN Sen pour dissoudre les Partis Politiques : le Roi, notre dernier recours

23 Feb 2017

#cambodge : DECAPITATION DE L’OPPOSITION ET RETOUR A UN REGIME DE PARTI UNIQUE

1er décembre 2015

CAMBODGE : DECAPITATION DE L’OPPOSITION

ET RETOUR A UN REGIME DE PARTI UNIQUE

Le 16 novembre 2015, j’ai été chassé de l’Assemblée Nationale du Cambodge, en ma qualité de chef de l’opposition parlementaire, par des collègues députés du parti ex-communiste au pouvoir. Tout député ou sénateur élu et tenant son mandat du peuple souverain appréciera le côté burlesque de cette expulsion. Une telle mesure est d’autant plus lourde de conséquences qu’elle ramène pratiquement le Cambodge à un régime de parti unique, comme au temps de la guerre froide, c’est-à-dire avant la signature des Accords de Paris de 1991.

Pour justifier une telle mesure anti-démocratique, les autorités cambodgiennes utilisent une machine judiciaire bien rodée à des fins politiques.

Trois jours avant mon expulsion de l’Assemblée, un mandat d’arrêt a été émis contre moi, en dépit de mon immunité parlementaire. Il est basé sur une affaire de diffamation vieille de sept ans — en 2008 j’avais accusé l’actuel Ministre des Affaires Etrangères Hor Namhong d’avoir été un collaborateur des Khmer Rouges — pour laquelle j’ai été condamné en 2013 à deux ans de prison. Mais, au gré des élections et des fluctuations du climat politique, cette sentence n’a jamais été appliquée et est tombée dans l’oubli en même temps qu’elle est tombée caduque d’un point de vue légal et judiciaire.

I- L’affaire de diffamation en question avait été également portée devant la justice française mettant face à face les mêmes parties cambodgiennes (Hor Namhong et moi). La Cour de Cassation à Paris a jugé en avril 2011 que je n’étais passible d’aucune condamnation. Par conséquent, ma condamnation — pour la même affaire — par un tribunal cambodgien en mars 2013 n’a aucune validité en vertu du principe universel “Non bis in idem” qui est reconnu également dans le code pénal et le code de procédure pénale cambodgiens.

II- Pour pouvoir m’arrêter en novembre 2015 malgré mon statut de député bénéficiant de l’immunité parlementaire, les autorités cambodgiennes s’acharnent à démontrer que je ne suis pas député malgré le siège parlementaire que j’ai remporté aux élections législatives du 28 juillet 2013. Plus précisément, elles veulent établir — en dépit de la loi et du bon sens — que c’est ma condamnation de 2011 qui m’empêche rétroactivement d’avoir été élu député depuis 2013. Elles avancent que le condamné que je serais à leurs yeux, n’a pas le droit d’être inscrit sur une liste électorale et d’être élu à quelque titre que ce soit. En cela, elles contredisent les actes et faits suivants :

1)   Une grâce royale m’a été accordée deux semaines avant les élections de juillet 2013 dont l’esprit et le but étaient de me réhabiliter complètement afin de me permettre de participer pleinement à ces élections en rétablissant tous mes droits civiques et politiques.

2)   J’ai pu me réinscrire sur la liste électorale d’une manière publique en octobre 2013 sans aucune objection ni du Tribunal ni de la Commission électorale (NEC) qui aurait pu évoquer mon statut de “condamné” pour contester la validité de ma réinscription.

3)   J’ai été proclamé “Député élu de la province de Kampong Cham” dans une séance plénière de l’Assemblée Nationale le 28 juillet 2014. Ni le Président de cette Assemblée, ni le Premier Ministre, ni aucun autre député présent — y compris le Ministre des Affaires Etrangères Hor Namhong qui m’avait attaqué devant le tribunal cambodgien en 2008 et qui venait aussi d’être réélu parlementaire –, ni aucun représentant du Tribunal ou de la Commission électorale n’avait saisi cette occasion pour émettre quelque objection que ce soit à cette proclamation.

4)   Le 5 août 2014 j’ai prêté serment au Palais Royal avant de prendre mes fonctions de représentant élu du peuple, en présence de Sa Majesté le Roi, du Président du Sénat, du Président de l’Assemblée Nationale, du Président de la Cour Constitutionnelle, du Président de la Cour Suprême et du Président de la Commission électorale. Tous ces plus hauts personnages de l’Etat représentant toutes les autorités compétentes du pays ont reconnu et avalisé, par leur présence à cette cérémonie solennelle de prestation de serment, mon statut de député.

Il faut croire que mes prises de position et mes actions en faveur de la défense des droits de l’homme et de la bonne gouvernance au Cambodge gênent au plus haut point les autorités en place pour que celles-ci recourent aussi souvent à cette pratique de l’enlèvement arbitraire de son mandat parlementaire à un député: c’est la quatrième fois, en vingt ans, que je fais l’objet d’une telle mesure d’expulsion de l’Assemblée Nationale en ma qualité de chef de l’opposition parlementaire, en violation de toutes les lois du Royaume, y compris la Constitution.

Sam Rainsy

Chef de l’opposition parlementaire au Cambodge

 

01 Dec 2015

#cambodge : Point de vue “PPC : le Congrès des contradictions et des blocages”

Point de vue :

Télécharger la version en pdf : PPC, CONGRES des Contradictions et des Blocages
PPC : le Congrès des contradictions et des blocages
Par DY KARETH

Un événement rarissime : le Congrès dit “extraordinaire” du PPC du 30 janvier 2015 montrant publiquement les tourmentes qui ont agité ce parti depuis ses catastrophiques résultats électoraux de juillet 2013. Il a confirmé aussi la rumeur que, immédiatement après ces élections, Hun Sen ait été “prié” par les siens de quitter le Gouvernement, pour cette raison : il avait été personnellement bien battu dans sa circonscription de Kandal, comme à son lieu de travail de Phnom-Penh et dans sa province natale de Kampong Cham. Le second volet du Congrès a été une tentative de restructuration du Parti, en vue de redonner des couleurs à ce dernier aux prochaines élections de 2017 et de 2018.

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Les congressistes – du moins, les opposants à Hun Sen – ont affirmé, dans un rapport de 26 pages, que les causes innombrables de leurs désastreux résultats de juillet 2013 étaient d’abord “la corruption, le népotisme, l’abus de pouvoir, la perte de confiance (des citoyens) dans le système judiciaire, le peu d’efficacité de l’application des lois, les mauvais fonctionnements des services publics, l’accaparement des terres des gens, la déforestation, les questions de frontières et de l’immigration (viêt), …” Le Parti est donc condamné et doit être changé de fond en comble ! Or, l’on a annoncé seulement que des “réformes” seront faites “dans les cinq ans à venir” pour éradiquer tous ces maux. En attendant des résultats, l’on se garde d’annoncer d’avance, comme à l’accoutumé, la candidature de Hun Sen pour un nouveau mandat de Premier ministre.

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Mais, le PPC, avec ses structures gouvernementales, héritées de l’Occupation vietnamienne, donnant un maximum d'”autonomie”, plutôt anarchique, aux divers ministères et administrations provinciales, est-il lui-même “réformable” ? D’ailleurs, l’abus de pouvoir, la corruption, les trafics de drogues, l’accaparement des terres ou la déforestation ont été, selon les observateurs internationaux, les hautes œuvres des généraux de l’Armée et de la Police. Osera-t-on les “réformer” ? Et, comment empêcher l’invasion des colons viêts, alors que le PPC a bien signé des accords avec Hanoi dans les années 1980 pour leur accueil plus que “fraternel” au Cambodge ?

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En fait, s’ ils se reconnaissent amèrement responsables de la défaite du Parti, ils n’en trouvent aucun coupable à sanctionner, car ils sont bloqués au respect de la règle de “continuité” dans le Parti, selon laquelle les grands chefs sont immuables jusqu’à leur dernier souffle. Ainsi, pour “refaire” le Parti, ils ont décidé que les “anciens”, pour leurs “grandes expériences”, restent à leur place, et que le Comité central du Parti “s’enrichisse” de 306 titulaires supplémentaires, pour faire un total de 545 membres (1). Dans les nouvelles recrues, il y a des “jeunes” choisis parmi les enfants de Hun Sen et ceux des autres gros bonnets du Parti (pour ne pas faire des jaloux), avec mission “d’attirer le soutien de la jeunesse” au Parti, ainsi que des chefs de la Police et de l’Armée qui se sont “illustrés” dans la répression sauvage de ces derniers temps des opposants, des ouvriers et des paysans.

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Faute de pouvoir changer quoi que ce soit, il ne leur reste, logiquement, que le durcissement de leur régime dictatorial, à la mesure des contestations populaires de plus en plus étendues. Le PSNC, clairement accusé de “fauteur de troubles”, sinon de “provocateurs d’insurrections”, est dans leur collimateur. Des menaces, des interdictions, des emprisonnements arbitraires vont sûrement s’exercer sur tous les dirigeants et militants de l’Opposition, jusque dans les villages jugés “rebelles”. Encouragés par Hanoi et attirés par le modèle du coup d’Etat des Généraux thaïs, faisant fi de la désapprobation internationale, ils poussent visiblement vers la militarisation de leur régime. Tea Banh, ministre de la Défense, n’a pas hésité à appeler ses soldats “à arrêter et à amener pour interrogatoire” les opposants qui critiquent “à tort” le Gouvernement et veulent le changer. Sao Sokha, chef de la Police militaire, a rappelé à ses officiers la méthode d’Hitler qu’il a utilisée, avec “l’accord du chef du Gouvernement”, pour “détruire” les manifestants par les armes. D’ailleurs, Hun Sen a réclamé que l’Armée puisse participer activement à ses prochaines campagnes électorales…

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Cependant, ils rééditent leur respect des accords du 22 juillet 2014 avec le PSNC, ainsi que leur attachement à la “culture du dialogue”. Soyons réalistes : quel dialogue pouvez-vous avoir avec quelqu’un qui ne pense qu’à vous détruire et vous dévorer ? On sait quels résultats ont été, en leur temps, pour le feu Roi Norodom Sihanouk et pour son fils Ranariddh de leur “dialogue” respectif avec Hun Sen. Ce dernier, d’ailleurs, vient de confirmer récemment que la “culture du dialogue” sert avant tout à museler toutes critiques publiques de l’Opposition contre lui, donc de maintenir secrets et impunis la politique et les agissements criminels de son régime et d’empêcher, en fin de compte, toutes protestations des citoyens contre les abus de pouvoir des puissants en place. A moins d’une “révolution” interne, le PPC ne changera pas, et la situation s’envenimera.

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La nature de la politique est l’affrontement. Hun Sen, aux abois, tentera de nouvelles violences pour survivre. Les opposants et le peuple khmer doivent prévoir divers moyens de se défendre, car il leur faut tenir leurs revendications légitimes. Sans rien céder.

DK

Le 04 février 2015

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(1) en 2015, le Comité central du Parti Communiste Vietnamien ne se compose que de 197 membres et suppléants, alors qu’il compte plus de 3,6 millions d’adhérents.

05 Feb 2015

#cambodia : Analysis on judiciary system !

បទ​វិភាគ៖ តើ​ពេល​ណា​ទើប​ពលរដ្ឋ​ទុក​ចិត្ត​ប្រព័ន្ធ​តុលាការ​កម្ពុជា? (AUDIO)

បាតុកម្ម តុលាការ ៦១០

10 Oct 2014

#cambodia : HUN SEN’s manoeuver : analysis by Mr. SO Naro

So Naro Part 43 : Wake Up Call : Hun Sen is Playing Dangerous Game

[vcyt id=PXOwNvVlXBY]

17 Jul 2014

William E. Todd is U.S. Ambassador to the Kingdom of #Cambodia

Fulfilling the Promise of Reform

21 Jan 2014

#cambodian people’s letter to UN Secretary-General Ban Ki-Moon

Please download, print, sign and send the letter to

UN Secretary-General Ban Ki-Moon 

NOW!

Cambodian people’s letter to Mr Ban Ki-moon

17 Jan 2014

#cambodge, Négociation : un “package” acceptable par tous ?

Télécharger le document en Français : 

Négociation : un “package” acceptable par tous ?

15 Jan 2014

#cambodia : Looking for the origin of the word Yuon : យូន

The_Word_Yuon_Cambodian_Perspective_Review_December_2013

22 Dec 2013

#cambodia, Lettre de Human Rights Watch à Jean-Marc #Ayrault Premier Ministre de la #France

English Version : Cambodia Letter to JM Ayrault

 

22 octobre 2013

Monsieur le Premier ministre,

Nous vous écrivons suite à la lettre datée du 4 octobre aux termes de laquelle vous félicitiez Hun Sen pour sa nomination au poste de Premier ministre du Cambodge suite aux élections législatives du 28 juillet de cette année.

Votre Gouvernement n’est pas sans ignorer que les groupes indépendants d’observation des élections au Cambodge, les organisations non gouvernementales internationales et le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits humains au Cambodge ont conclu que le processus électoral avait été gravement entaché par des carences structurelles importantes, des irrégularités liées à l’inscription des électeurs, des fraudes électorales, des organes électoraux partisans, la partialité des médias et le manque d’accès de l’opposition à ces derniers, l’utilisation abusive des ressources de l’Etat par le Parti du peuple cambodgien (PPC), et enfin par la partialité des forces de sécurité de l’Etat .

Par conséquent et compte tenu des vices qui ont fondamentalement entaché ces élections, de sérieux doutes existent quant à la crédibilité des résultats officiels. Ces doutes sont renforcés par le fait que le Comité National des Elections et le Conseil Constitutionnel, contrôlés par le PPC, a refusé de mener de véritables enquêtes sur ces fraudes même si elles étaient solidement établies. Ces institutions ont ainsi systématiquement refusé d’examiner les plaintes déposées par le Parti d’opposition dit du Sauvetage National du Cambodge, le CSNC.

Dans votre courrier, vous félicitez un dirigeant qui s’est maintenu au pouvoir depuis 28 ans non seulement grâce à un coup d’Etat et une succession d’élections truquées, mais en outre par une longue histoire de violations massives des droits humains comprenant notamment des exécutions extrajudiciaires, l’emprisonnement d’opposants, de larges restrictions aux libertés fondamentales. Nous espérions que la France, attachée aux valeurs démocratiques, s’exprime en faveur d’un processus électoral véritablement libre et équitable au Cambodge. En effet, la France a une place particulièrement importante au Cambodge étant donné le rôle clé qu’elle a joué dans la conclusion des Accords de Paris de 1991 sur le règlement politique global du conflit cambodgien, accords qui ont appelé à des élections libres et équitables, et engagé les parties, y compris le PPC, à respecter strictement les droits humains.

Nous voulions vous informer que notre organisation continuera à publiquement appeler, auprès des partenaires du Cambodge à travers le monde, à une enquête indépendante et internationale du processus électoral. Nous estimons que ce n’est qu’à l’issue de cette enquête que le vainqueur des élections de juillet pourra être connu et publiquement félicité. Nous regrettons profondément que la France ait envoyé une lettre de félicitations à Hun Sen, décevant l’espoir de millions de Cambodgiens qui comptent sur la communauté internationale pour appuyer leurs demandes d’élections libres et équitables, fondées sur le respect des droits humains et des principes démocratiques. Nous espérons qu’à l’avenir la France accordera davantage d’importance à la situation des droits humains au Cambodge.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de notre haute considération,

 

Brad Adams                                                            Jean-Marie Fardeau

Directeur exécutif                                                 Directeur France

Division Asie

29 Oct 2013

#Sam Rainsy : UN NOUVEAU COUAC DU GOUVERNEMENT FRANÇAIS?

Phnom Penh, le 23 octobre 2013

 

CAMBODGE : UN NOUVEAU COUAC DU GOUVERNEMENT FRANÇAIS?

 

Aujourd’hui au Cambodge, alors que le pays se trouve plongé dans une impasse politique, nous célébrons le 22ème anniversaire de la signature des Accords de Paris.

 

Alors que le pays est partagé en deux au lendemain d’élections fortement contestées, un grave problème de légitimité se pose à propos du gouvernement en place que l’opposition accuse d’avoir fomenté un coup d’état constitutionnel.

 

Dans ce contexte trouble le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault a néanmoins adressé le 4 octobre dernier ses “félicitations” à son homologue cambodgien Hun Sen pour sa “réélection à la tête du Gouvernement cambodgien”.

 

Le Premier ministre français sait-il que la “réélection” de Hun Sen à l’unanimité (!) le 24 septembre dernier par une demi-Assemblée nationale (68 députés sur 123 élus) réunie d’une manière inconstitutionnelle faisait suite à des élections législatives très serrées que l’opposition démocratique unie (55 députés élus) et de nombreux observateurs indépendants considèrent comme frauduleuses?

 

Le Premier ministre français sait-il que l’opposition, ainsi que de nombreux observateurs indépendants et plusieurs pays comme les Etats-unis demandent une enquête transparente et impartiale sur les irrégularités qui ont entaché ces élections du 28 juillet 2013, et que c’est le refus catégorique de Hun Sen d’examiner cette demande d’enquête qui a poussé l’opposition à boycotter l’Assemblée nationale jusqu’à ce jour pour ne pas entériner une fraude de nature à inverser le résultat d’une vraie élection?

 

Pourquoi le Premier ministre français, par ses félicitations précipitées, a-t-il préféré encourager et soutenir celui des protagonistes qui refuse une enquête transparente et impartiale et qui, de ce fait, semble avoir peur de la vérité ? Pourquoi Jean-Marc Ayrault se fait-il le complice d’un fraudeur en puissance?

 

Alors que les deux partis cambodgiens sont en plein litige électoral et politique, pourquoi le premier ministre français a-t-il choisi de prendre parti pour Hun Sen en passant l’éponge sur de sérieuses irrégularités électorales, prenant ainsi le risque de commettre une très grave injustice à l’égard du peuple cambodgien et d’étouffer la démocratie au Cambodge pour de longues années encore, après déjà 34 ans de pouvoir absolu exercé par le parti ex-communiste de Hun Sen?

 

En écrivant à propos du Cambodge que «depuis les accords de Paris en 1991, un chemin considérable a été parcouru», le premier ministre français se rend-il compte qu’en réalité, vingt-deux ans après la signature de ces accords, le Cambodge est revenu à la case départ avec le retour à un système de parti unique à la communiste (l’Assemblée nationale actuelle est composée exclusivement de députés issus du parti de Hun Sen), alors que les accords de

Paris garantissent pour le Cambodge un système de « démocratie libérale et pluraliste »?

 

Pour parvenir à un tel système de « démocratie libérale et pluraliste », les accords de Paris prévoient des «élections libres et équitables», c’est-à-dire un type de scrutin qui n’a rien à voir avec les élections du 28 juillet dernier que le Premier ministre français s’est empressé de reconnaître implicitement par sa lettre de félicitations à Hun Sen.

 

Le Premier ministre français sait-il aussi qu’au cours des cinq dernières années, la communauté internationale s’est inquiétée du caractère peu démocratique des élections cambodgiennes et qu’elle a émis des recommandations détaillées pour rendre ces élections plus crédibles mais que le gouvernement de Hun Sen a rejeté toutes ces recommandations notamment celles de l’Union Européenne en 2008 et celles des Nations-unies en 2012, jetant ainsi le doute sur les élections du 28 juillet dernier? Pourquoi alors s’empresser d’avaliser les résultats de celles-ci alors qu’une demande légitime d’enquête est en cours?

 

Pourquoi le Premier Ministre français a-t-il ignoré ce signe avant-coureur très significatif de la dérive totalitaire du régime Hun Sen et de son mépris pour le suffrage universel que représente l’expulsion de tous les députés de l’opposition le 6 juin 2013, soit à peine deux mois avant le jour du scrutin?

 

Pourquoi enfin le Premier Ministre français a-t-il aussi choisi d’ignorer cet audit des listes électorales (voter registry audit) effectué par NDI (National Democratic Institute) et COMFREL (Committee for Free and Fair Elections in Cambodia) et publié en mars 2013 qui montre, quatre mois avant le jour du vote, que le parti de Hun Sen s’était allègrement assuré quelque 25% de voix d’avance sur l’opposition démocratique en effaçant du registre électoral les noms d’opposants supposés (15%) et en utilisant des électeurs fantômes pour gonfler les voix en faveur du parti au pouvoir (10%)?

 

Un nouveau couac pour le gouvernement français? Non, une erreur politique et une faute morale.

 

Sam Rainsy

Chef de l’opposition démocratique au Cambodge

 

23 Oct 2013